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La
tuberculose est-elle un problème de santé publique à l'heure actuelle?
Dans le Monde
En 1993, l'Organisation Mondiale de la Santé (OMS) décrétait que la tuberculose était une priorité de santé publique
à l'échelle mondiale. Dans son dernier rapport (2009), l'OMS estime que :
Deux régions de l’OMS, l’Afrique (31%) et l’Asie (55%), totalisent la majeure partie des nouveaux cas notifiés.
C’est dans la Région africaine que le taux d’incidence est le plus élevé (363/100.000) .
Les cinq pays qui ont enregistré le plus grand nombre de cas en 2007 étaient, par ordre décroissant,
l’Inde, la Chine, l’Indonésie, le Nigéria et l’Afrique du Sud.
Plus d'informations (site de l'OMS)
Dans les pays industrialisés
Depuis
le début du 20ème siècle, la maladie diminue progressivement
dans les pays industrialisés. L'amélioration
des conditions de vie et
la découverte des médicaments antituberculeux, ont été à l'origine de
cette évolution
favorable. Dans les années 1980-1990, un changement d'évolution
a toutefois été observé dans de nombreux pays,
notamment
aux États-Unis.
Les causes de ce changement sont plurifactorielles et peuvent varier d'un pays à l'autre :
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l'épidémie de SIDA
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la paupérisation
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la diminution des moyens alloués par les gouvernements
aux structures de lutte contre la tuberculose
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le développement de la résistance du bacille de Koch aux médicaments antituberculeux
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l'importation de cas de tuberculose à partir des pays
à haute prévalence
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La situation est particulièrement préoccupante
dans les pays d'Europe de l'Est et de l'ex-URSS où les formes de
tuberculose dues à des germes multirésistants et même extrarésistants
se multiplient.
En 2006, une cartographie de la tuberculose en Europe
a été dressée par le réseau de surveillance
Euro TB.
Il apparaît clairement que la fréquence de la maladie est plus élevée dans sa partie orientale.

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Tuberculosis notification rates
WHO European Region, 2006 |
En Belgique
L'évolution de la tuberculose est fort semblable à celle
rencontrée dans la plupart des pays industrialisés.
Après une longue période
de décroissance (sauf au moment des 2 guerres mondiales), une augmentation du nombre
de cas a été observée en 1993 et 1994. Depuis lors, on constate
chaque année, un excédent de cas
par rapport aux prévisions. Ceci est toujours vrai en 2007 malgré la diminution significative de l'incidence
par rapport à l'année précédente. Pour la première fois, celle-ci est descendue sous le seuil
des 10 cas par 100.000 habitants.
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Evolution du taux brut d'incidence en Belgique, 1980-2007
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De manière générale, la régression de la tuberculose a donc été moindre au
cours des 15 dernières années.
C'est principalement l'augmentation du
nombre de cas en provenance du Tiers Monde et de l'Europe de l'Est
qui est à l'origine de ce changement d'évolution. C'est ainsi que l'on
a pu observer au cours de cette période
une augmentation de la proportion de malades d'origine étrangère parmi les
tuberculeux déclarés
dans notre pays ; elle
a atteint 48% en 2007 alors qu'elle n'était que de 18% quinze ans
plus tôt.
L'évolution de la maladie diffère dans les 3 régions. Si elle diminue progressivement en Flandre et
en Wallonie, elle est relativement
stable dans la Région de Bruxelles-Capitale depuis une quinzaine d'années. Toutefois,
en 2007 on y a observé pour la première fois une incidence sous la barre des 30 cas par 100.000 habitants.
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Evolution du taux d'incidence de la tuberculose dans les 3 Régions, Belgique, 1980-2007
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En 2007, 1.028 nouveaux cas de tuberculose-maladie
ont été déclarés dans notre pays, ce qui correspond
à une incidence de 9,7 cas pour 100.000 habitants.
La
situation est fort différente dans les trois régions. La Région
bruxelloise
est plus touchée,
car la proportion de sujets à risque de tuberculose
y est plus importante : défavorisés, toxicomanes,
étrangers
originaires de pays à haute prévalence...
| Répartition
de la tuberculose en Belgique et dans les 3 régions en 2007
(FARES-VRGT) |
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Nombre de
nouveaux cas |
Fréquence
de nouveaux cas (incidence)
par 100.000 habitants |
| Belgique |
1.028 |
9,7 |
| Bruxelles |
294 |
28.5 |
| Wallonie |
302 |
8,8 |
| Flandre |
432 |
7,1 |
Et la résistance
du bacille de Koch aux médicaments antituberculeux ?
Il
ne s'agit pas d'un phénomène nouveau ; il existe depuis l'utilisation des premiers antibiotiques
antituberculeux.
La résistance peut être induite par l'homme (résistance acquise) ;
il peut s'agir du médecin qui prescrit
un traitement inadéquat ou
du patient qui ne prend pas correctement ses médicaments.
Elle peut résulter aussi de contamination par
des germes résistants transmis par un patient tuberculeux
contagieux porteur lui-même de germes résistants
(résistance primaire).
Le problème existe à l'échelle mondiale
mais il devient de plus en plus inquiétant dans les pays du
Tiers Monde
et de l'Europe de l'Est où l'on voit émerger des bacilles résistants aux deux médicaments
majeurs du traitement, l'isoniazide et la rifampicine (multirésistance). L'OMS estime à 0,5 millions le nombre
de cas de tuberculose à bacilles multirésistants. Des formes de tuberculose plus graves encore se sont
développées. On parle d'ultrarésistance, c'est-à-dire résistance s'étendant aussi aux médicaments de 2ème ligne, souvent utilisés pour traiter les cas de tuberculose à germes multirésistants. La sonnette d'alarme a été tirée notamment en Afrique du Sud et en Europe.
En
Belgique, ce problème est encore limité et reste stable. En 2007, seulement 7,4 % des
malades
tuberculeux testés par antibiogramme montraient une résistance à
au moins un médicament antiberculeux
et 1,8 % présentaient une
multirésistance. Depuis 2001, on compte en moyenne
15 nouveaux cas de tuberculose à bacilles
multirésistants chaque année.
Plusieurs cas de tuberculose à bacilles ultrarésistants ont été diagnostiquées dans notre pays.
Page révisée le 22-07-2009
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