Fonds des Affections Respiratoires

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La tuberculose est-elle un problème de santé publique à l'heure actuelle?

pucered1.gifDans le Monde

En 1993, l'Organisation Mondiale de la Santé (OMS) décrétait que la tuberculose était une priorité de santé publique
à l'échelle mondiale. Dans son dernier rapport (2012), l'OMS estime qu'en 2011 :

  • 1/3 de la population est infectée par le Bacille de Koch (BK), soit plus de 2 milliards de personnes.
    On compte dans le monde une nouvelle infection par le BK chaque seconde.
  • 12 millions de personnes sont atteintes de tuberculose ;  8,7 millions sont des nouveaux cas.
    Parmi ces derniers, 1,1 million (13%) sont infectés par le virus de l'immunodéficience humaine (VIH). 79% d'entre eux vivent en Afrique.
  • 1,4 million de personnes sont décédées de la tuberculose; parmi celles-ci 430.000 étaient infectées par le VIH. 0,5 million d'enfants (0-14 ans) ont développé la tuberculose et  64.000 sont décédés de la maladie.
  • Sur le plan géographique, c'est en Asie et en Afrique que la charge de tuberculose est la plus importante.
    L'Inde et la Chine totalisent près de 40% des cas de tuberculose dans le monde, alors que l'Afrique en compte 24%
    mais présente les plus forts taux de morbidité et de mortalité par habitant.

Plus d'informations (Factsheet 2013 de l'OMS)

 

Nouveaux cas de tuberculose estimés dans le monde en 2011
 Estimated TB incidence rates 2011

  Source : Global Tuberculosis Control WHO Report 2012

 Le nombre de nouveaux cas de tuberculose est en diminution depuis plusieurs années et a chuté de 2,2% entre 2010 et 2011.
Le taux de mortalité par tuberculose a diminué de 41% depuis 1990.
Cette tendance est observée dans l'ensemble des 6 Régions de l'OMS et dans la plupart des 22 pays les plus fortement touchés et qui regroupent 80% des cas de tuberculose dans le monde.

 

pucered1.gifDans les pays industrialisés

Depuis le début du 20ème siècle, la maladie diminue progressivement dans les pays industrialisés. L'amélioration
des conditions de vie et la découverte des médicaments antituberculeux, ont été à l'origine de cette évolution
favorable. Dans les années 1980-1990, un changement d'évolution a toutefois été observé dans de nombreux pays,
notamment aux États-Unis.
Les causes de ce changement sont plurifactorielles et peuvent varier d'un pays à l'autre :

     
pucegrey.gifl'épidémie de SIDA
pucegrey.gif la paupérisation
pucegrey.gifla diminution des moyens alloués par les gouvernements aux structures de lutte contre la tuberculose
pucegrey.gifle développement de la résistance du bacille de Koch aux médicaments antituberculeux
pucegrey.gifl'importation de cas de tuberculose à partir des pays à haute prévalence

La situation est particulièrement préoccupante dans les pays d'Europe de l'Est et de l'ex-URSS où les formes de
tuberculose dues à des germes multirésistants voire ultrarésistants se multiplient.

En 2010, une cartographie de la tuberculose dans la Région Europe de l'OMS a été dressée par le réseau de surveillance
géré par l'European Centre for Disease Prevention and Control (ECDC) et l'OMS Copenhague .
Il apparaît clairement que la fréquence de la maladie est plus élevée dans sa partie orientale.

 

Taux de notification de la tuberculose, Europe, 2011
 Source : Tuberculosis surveillance and monitoring in Europe, 2013  /  ECDC - OMS


pucered1.gifEn Belgique

L'évolution de la tuberculose est fort semblable à celle rencontrée dans la plupart des pays industrialisés.
Après une longue période de décroissance (sauf au moment des 2 guerres mondiales), une augmentation du nombre
de cas a été observée en 1993 et 1994. Depuis lors, on constate chaque année, un excédent de cas
par rapport aux prévisions. En 2007, pour la première fois, l'incidence est descendue sous le seuil de 10 cas par 100.000 habitants.
Cette tendance s'est confirmée en 2008 et en 2009. En 2010, l'incidence est à nouveau remontée au-dessus de ce seuil pour redescendre
sous cette limite en 2011 (9,5 / 100.000).

 

  Evolution du taux brut d'incidence en Belgique, 1980-2011  
 Evolution du taux brut d'incidence en Belgique, 1980-2011

 

De manière générale, la régression de la tuberculose a été moindre au cours des deux dernières décennies.
C'est principalement l'augmentation du nombre de cas en provenance de pays en développement et de l'Est de l'Europe
qui est à l'origine de ce changement d'évolution. C'est ainsi que l'on a pu observer au cours de cette période
une augmentation de la proportion de malades d'origine étrangère parmi les tuberculeux déclarés
dans notre pays ; elle atteint 52,1 % en 2011 alors qu'elle n'était que de 18% en 1991.

L'évolution de la maladie diffère dans les 3 Régions. Si elle diminue progressivement en Flandre et
en Wallonie, elle est relativement stable dans la Région de Bruxelles-Capitale depuis vingt-cinq ans. Toutefois,
en 2007, 2008 et 2009 on y a observé une incidence sous la barre de 30 cas par 100.000 habitants. En 2010, celle-ci se situe à nouveau
au-delà de ce seuil ; cette tendance s'est confirmée en 2011.

  Evolution du taux d'incidence de la tuberculose dans les 3 Régions, Belgique, 1980-2011
 Evolution du taux d'incidence de la tuberculose dans les 3 Régions, Belgique, 1980-2011

 

En 2011, 1.044 malades atteints de tuberculose ont été déclarés dans notre pays, ce qui correspond
à une incidence de 9,5 cas par 100.000 habitants.

La situation est fort différente dans les trois Régions. La Région bruxelloise est la plus touchée,
car la proportion de sujets à risque de tuberculose y est plus importante : défavorisés, toxicomanes,
étrangers originaires de pays à haute prévalence...

 

    Répartition de la tuberculose en Belgique et dans les 3 Régions en 2011
      Nombre de cas Incidence par 100.000 habitants
    Belgique 1.044 9,5
    Bruxelles 351 31,4
    Wallonie 276 7,8
    Flandre 417 6,6
 
Et la résistance du bacille de Koch aux médicaments antituberculeux ?

Il ne s'agit pas d'un phénomène nouveau ; il existe depuis l'utilisation des premiers antibiotiques
antituberculeux.

La résistance peut être induite par l'homme (résistance acquise) ; il peut s'agir du médecin qui prescrit
un traitement inadéquat ou du patient qui ne prend pas correctement ses médicaments.
Elle peut résulter aussi d'une contamination par un patient tuberculeux
contagieux porteur lui-même de germes résistants (résistance primaire).

Le problème existe à l'échelle mondiale mais il devient de plus en plus inquiétant en Fédération de Russie, Inde, Chine et Afrique du Sud,
où l'on observe une fréquence plus importante de bacilles résistants aux deux antibiotiques majeurs du traitement antituberculeux
de 1ère ligne, l'isoniazide et la rifampicine (multirésistance).
L'OMS estime à 630.000 le nombre de cas de tuberculose à bacilles multirésistants dans le monde en 2011.
A l'échelle mondiale, la proporition de multirésistance parmi les nouveaux cas de tuberculose est estimée à 3,7 % et 20% parmi les cas déjà traités.
27 pays sont plus particulièrement touchés par ce problème dont 15 dans la Région Europe de l'OMS.
Les 4 pays les plus concernés sont : la Chine, l'Inde, la Fédération de Russie et l'Afrique du Sud qui totalisent 60% des cas multirésistants.
C'est en Europe de l'Est et en Asie Centrale que l'on relève les plus fortes proportions de multirésistance parmi les cas de tuberculose.

Des formes de tuberculose plus graves encore se sont développées. On parle d'ultrarésistance. Il s'agit d'une multirésistance s'étendant
aussi aux médicaments antituberculeux de 2ème ligne les plus fréquemment utilisés (au moins une des fluoroquinolones et un des
médicaments injectables). La sonnette d'alarme a été tirée dans de nombreux pays.
L'OMS estime que sur les 630.000 cas de tuberculose multirésistante, environ 9% sont des cas ultrarésistant.
Dans certains endroits, cette proportion peut atteindre 19%.

En Belgique, ce problème est encore limité et reste stable. En 2011, seulement 7,6 % des malades
tuberculeux testés par antibiogramme montraient une résistance à au moins un médicament antituberculeux
et 2 % présentaient une multirésistance.
Depuis 2001, on compte en moyenne 16 nouveaux cas de tuberculose à bacilles multirésistants chaque année.
En 2012, 50 malades multirésistants ont été pris en charge dans notre pays par des services spécialisés.
17 cas de tuberculose à bacilles ultrarésistants et 8 cas "panrésistants"* ont été diagnostiqués en Belgique depuis 2006.

Plus d'informations : rapport 2010 OMS sur la résistance et Global Tuberculosis Control WHO Report 2012.

 

*bacilles panrésistants : bacilles résistants à tous les médicaments de première ligne et aux médicaments de deuxième ligne utilisés couramment.

 

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Page révisée le 20-03-2013

 

Dernière mise à jour : ( 22-04-2013 )
 
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