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La tuberculose est-elle un problème de santé publique à l'heure actuelle? Dans le MondeEn 1993, l'Organisation Mondiale de la Santé (OMS) décrétait que la tuberculose était une priorité de santé publique à l'échelle mondiale. Dans son dernier rapport (2009), l'OMS estime que : Deux régions de l’OMS, l’Afrique et l’Asie, totalisent la majeure partie des nouveaux cas notifiés.
Les cinq pays qui ont enregistré le plus grand nombre de cas en 2008 étaient, par ordre décroissant : l’Inde, la Chine, l'Afrique du Sud, le Nigéria et l’Indonésie. La Chine et l'Inde comptent 35% des cas de tuberculose. Plus d'informations (site de l'OMS)
Dans les pays industrialisésDepuis le début du 20ème siècle, la maladie diminue progressivement dans les pays industrialisés. L'amélioration des conditions de vie et la découverte des médicaments antituberculeux, ont été à l'origine de cette évolution favorable. Dans les années 1980-1990, un changement d'évolution a toutefois été observé dans de nombreux pays, notamment aux États-Unis. Les causes de ce changement sont plurifactorielles et peuvent varier d'un pays à l'autre : | l'épidémie de SIDA | la paupérisation | la diminution des moyens alloués par les gouvernements aux structures de lutte contre la tuberculose | le développement de la résistance du bacille de Koch aux médicaments antituberculeux | l'importation de cas de tuberculose à partir des pays à haute prévalence | La situation est particulièrement préoccupante dans les pays d'Europe de l'Est et de l'ex-URSS où les formes de tuberculose dues à des germes multirésistants et même ultrarésistants se multiplient. En 2008, une cartographie de la tuberculose en Europe a été dressée par le réseau de surveillance géré par l'European Centre for Disease Prevention and Control (ECDC) et l'OMS Copenhague . Il apparaît clairement que la fréquence de la maladie est plus élevée dans sa partie orientale. En BelgiqueL'évolution de la tuberculose est fort semblable à celle rencontrée dans la plupart des pays industrialisés. Après une longue période de décroissance (sauf au moment des 2 guerres mondiales), une augmentation du nombre de cas a été observée en 1993 et 1994. Depuis lors, on constate chaque année, un excédent de cas par rapport aux prévisions. En 2007, pour la première fois, l'incidence est descendue sous le seuil de 10 cas par 100.000 habitants. Cette tendance s'est confirmée en 2008. | Evolution du taux brut d'incidence en Belgique, 1980-2008 | De manière générale, la régression de la tuberculose a donc été moindre au cours des 15 dernières années. C'est principalement l'augmentation du nombre de cas en provenance du Tiers Monde et de l'Europe de l'Est qui est à l'origine de ce changement d'évolution. C'est ainsi que l'on a pu observer au cours de cette période une augmentation de la proportion de malades d'origine étrangère parmi les tuberculeux déclarés dans notre pays ; elle a atteint 47,3 % en 2008 alors qu'elle n'était que de 18% en 1991. L'évolution de la maladie diffère dans les 3 régions. Si elle diminue progressivement en Flandre et en Wallonie, elle est relativement stable dans la Région de Bruxelles-Capitale depuis une vingtaine d'années. Toutefois, en 2007 et 2008 on y a observé une incidence sous la barre de 30 cas par 100.000 habitants. | Evolution du taux d'incidence de la tuberculose dans les 3 Régions, Belgique, 1980-2008 | En 2008, 1.006 nouveaux cas de tuberculose-maladie ont été déclarés dans notre pays, ce qui correspond à une incidence de 9,4 cas par 100.000 habitants. La situation est fort différente dans les trois régions. La Région bruxelloise est la plus touchée, car la proportion de sujets à risque de tuberculose y est plus importante : défavorisés, toxicomanes, étrangers originaires de pays à haute prévalence... | Répartition de la tuberculose en Belgique et dans les 3 régions en 2008 (FARES-VRGT) | | | Nombre de nouveaux cas | Fréquence de nouveaux cas (incidence) par 100.000 habitants | | Belgique | 1.006 | 9,4 | | Bruxelles | 303 | 28,9 | | Wallonie | 267 | 7,7 | | Flandre | 436 | 7,1 | Et la résistance du bacille de Koch aux médicaments antituberculeux ? Il ne s'agit pas d'un phénomène nouveau ; il existe depuis l'utilisation des premiers antibiotiques antituberculeux. La résistance peut être induite par l'homme (résistance acquise) ; il peut s'agir du médecin qui prescrit un traitement inadéquat ou du patient qui ne prend pas correctement ses médicaments. Elle peut résulter aussi d'une contamination par un patient tuberculeux contagieux porteur lui-même de germes résistants (résistance primaire). Le problème existe à l'échelle mondiale mais il devient de plus en plus inquiétant dans les pays du Tiers Monde et de l'Europe de l'Est où l'on voit émerger des bacilles résistants aux deux antibiotiques majeurs du traitement antituberculeux de 1ère ligne, l'isoniazide et la rifampicine (multirésistance). L'OMS estime à 0,5 millions le nombre de cas de tuberculose à bacilles multirésistants dans le monde. Des formes de tuberculose plus graves encore se sont développées. On parle d'ultrarésistance (résistance s'étendant aussi aux médicaments antituberculeux de 2ème ligne les plus fréquemment utilisés). La sonnette d'alarme a été tirée notamment en Afrique du Sud et en Europe. En Belgique, ce problème est encore limité et reste stable. En 2008, seulement 8 % des malades tuberculeux testés par antibiogramme montraient une résistance à au moins un médicament antituberculeux et 2,8 % présentaient une multirésistance. Depuis 2001, on compte en moyenne 15 nouveaux cas de tuberculose à bacilles multirésistants chaque année. Sept cas de tuberculose à bacilles ultrarésistants ont été diagnostiqués dans notre pays depuis 2006. Plus d'informations : dernier rapport OMS (2008) Page révisée le 19-03-2010
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