Fonds des Affections Respiratoires

Avantages de l'arrêt Convertir en PDF Version imprimable Suggérer par mail

 

Il y a des raisons de fumer… mais il y en a beaucoup d’autres d'arrêter ! Abandonner le plaisir de fumer nécessite la redécouverte d’autres plaisirs oubliés : une balade, la musique, une activité physique, le jardinage.  Une chose est certaine, la décision d’arrêt revient au fumeur et à personne d'autre.

Il ressort d’une étude de Doll et Peto réalisée chez des médecins britanniques qu’un fumeur de cigarettes sur deux meurt prématurément d’une maladie provoquée par la consommation de tabac et que la moitié de ces décès survient à un âge moyen. Pourtant, chaque jour, de nombreux fumeurs souhaitent et réussissent à arrêter de fumer et le suivi de ceux-ci a permis de démontrer les effets bénéfiques indéniables de l’arrêt du tabagisme sur la santé.

Le sevrage tabagique est bénéfique non seulement pour le fumeur, y compris ceux qui ont fumé pendant longtemps, mais également pour leur entourage, par suprression du tabagisme passif. Par ailleurs, l’arrêt du tabac s’accompagne très souvent de changements dans le style de vie. Une alimentation plus équilibrée, une moindre consommation d’alcool, un niveau d’activité physique plus élevé, l’adoption d'un comportement de vie sain et la recherche d’alternatives sont autant d’attitudes positives en matière de santé.

Avantages immédiats

L’arrêt du tabac se manifeste très vite par une réduction rapide du taux d’HbCO (carboxyhémoglobine) dans le sang et donc par un meilleur apport d'oxygène dans l’organisme, par une diminution de l’irritation de la gorge, par une amélioration rapide du goût, de l’odorat, du souffle et du teint. Chez le fumeur atteint de maladie respiratoire chronique, la fréquence et l’intensité des symptômes chroniques (toux, expectoration...), après une courte période d'aggravation, diminuent dans les semaines qui suivent l’arrêt du tabagisme. Cette amélioration varie en fonction de l’âge, de la consommation tabagique antérieure, et de la persistance ou non d’une hyperréactivité bronchique.

Avantages à moyen et long terme

L’arrêt du tabac réduit la mortalité et la morbidité de l’ensemble des maladies liées à sa consommation. Cette réduction est mesurable dès les premières années d'abstinence. Plus longue est la période faisant suite à l'arrêt, plus le risque de maladies liées au tabac diminue et ce quel que soit l’âge du fumeur. Toutefois la mortalité globale des anciens fumeurs est toujours légèrement supérieure à celle des non-fumeurs même après de nombreuses années d’abstinence
L’arrêt du tabac constitue un traitement majeur en cas de maladie cardiaque ou respiratoire. En effet, après un infarctus du myocarde, même si les bêtabloquants et l’aspirine augmentent les chances de survie de plus ou moins 50%, l’arrêt du tabac est le seul traitement qui double les chances de survie et diminue par 2 les risques de récidive. On estime qu’après 5 à 10 ans d’arrêt, le risque de décès prématuré par maladie ischémique du cœur est diminué de moitié par rapport à celui d’un fumeur qui aurait continué. L’effet sur la mortalité est plus lent pour le cancer du poumon mais tout aussi important. En effet, après un cancer du poumon opéré de façon radicale, l’arrêt du tabac augmente de 50% les chances de survie alors que la chimiothérapie apporte un gain de survie de 5% et que la radiothérapie n’amène guère de bénéfice à cet égard. Même après un arrêt prolongé, le risque de cancer du poumon reste néanmoins légèrement plus élevé que chez le non-fumeur.

Le tableau ci-dessous fait état des réductions du risque après arrêt:

Risques encourus par le fumeur

Réduction du risque après arrêt

Décès prématuré

Après 10 à 15 ans d’abstinence, ce risque se rapproche de celui des non-fumeurs.

Cancers  
Poumon Quasi normalisation après plus de 15 ans d'arrêt
Larynx, cavité buccal, pharynx

Réduction de moitié après 5 ans

Oesophage

Après 15 ans, il reste encore 2 fois plus élevé que celui des non-fumeurs.

Pancréas
Régression seulement après 10 ans
Vessie
Diminution de +/- 50 % après quelques années
Maladies des voies respiratoires

Bronchites chroniques et emphysème

  • Après 10 ans d’abstinence, le risque baisse mais sans atteindre celui des non-fumeurs.
  • Les pertes fonctionnelles respiratoires subies sont assez largement irréversibles.
  • La diminution de la fonction pulmoniare liée à l'âge plus rapide chez les fumeurs redevient égale chez les ex-fumeurs à celle des non-fumeurs.

Maladies du système cardio-vasculaire

Affections coronariennes (infarctus, angine de poitrine)

crise cardiaque : RR*=3 chez les hommes, et RR=4,23 chez les femmes

  • Après 1 an, le risque est diminué de 50%.
  • Après 15 ans, il est comparable à celui des non-fumeurs.

Accident vasculaire cérébral (AVC)

RR chez la femme : 2,58
RR chez l'homme : 3,70
Le risque augmente chez la femme qui prend des contraceptifs oraux

En 12 d’années, le risque est diminué de moitié par rapport à celui qui continue à fumer des cigarettes.

 

British regional heart study, JAMA 1995, 274 155-60

Affections occlusives des artères périphériques

Affections oculaires

cataracte et dégénérescence rétinienne : RR>4

 

Grossesse

  • Augmentation du risque de fausse couche et de prématurité
  • Retard de croissance intra-utérine

Si la mère cesse de fumer avant le 4ème mois, l’enfant aura un poids de naissance équivalent à celui né d’une mère non-fumeuse.

Femmes

  • Cancer du col (RR:2)[1]
  • Ménopause prématurée de 1 à 2 ans, pour les femmes fumeuses (RR:1,63)[2]
  • ostéoporose (RR:1,8, après la ménopause)
  • fractures non associées à l'ostéoporose (risque très accru)[3]
  • ostéonécrose de la tête fémorale (RR : 4) [4]

Chez les ex-fumeuses, l’âge de la ménopause semble se rapprocher de celui des non-fumeuses.

*RR = Risque relatif du fumeur par rapport au non-fumeur

Plus on est jeune quand on arrête de fumer, plus la réduction des risques est importante… La première étude épidémiologique effectuée sur des médecins britanniques a permis de démontrer, grâce à un suivi de plus de quarante ans:

  • un arrêt avant l’âge de 44 ans permet de ramener progressivement le risque de décès prématuré presqu'au niveau de celui des non-fumeurs.
  • plus l’arrêt est tardif, moins la diminution de la mortalité est importante mais ce gain demeure à tous les âges, même lorsqu’on arrête après 65 ans. Ainsi, si 40% des fumeurs sont décédés à 70 ans contre un peu moins de 20% des non-fumeurs, les risques d'être décédé à 70 ans chez les personnes qui auront cessé de fumer entre 45 et 54 ans est de 30%, un gain de 10 ans de survie consécutif à l'arrêt.
  • cette diminution de mortalité prématurée est observée tant pour les décès d'origine cardiovasculaire que pour ceux liés au cancer du poumon.

Les avantages se résument ainsi :

  • Retrouver sa propre indépendance, sérieusement menacée par le caractère addictif de la nicotine.
  • Éviter la couleur jaunâtre que le tabac donne aux doigts et aux dents.
  • Retrouver une haleine fraîche.
  • Conserver la fermeté naturelle de la peau du visage et éviter le développement de rides profondes et disgracieuses.
  • Éviter les mauvaises odeurs des vêtements et des cheveux.
  • Économiser de l’argent et le dépenser en objets et/ou activités gratifiants ne menaçant ni la santé ni la liberté.
  • Garder une forme physique correspondant à l'âge.
  • Diminuer le risque de contracter une maladie liée au tabagisme.
  • Favoriser une ambiance saine dans les endroits couverts et fermés, en évitant d'y fumer et d'imposer ainsi aux autres un tabagisme passif, alors que le droit des non-fumeurs est de respirer un air exempt de fumée de tabac.


Sources

(1) Sir J.Crofton, D. Simpson Le tabac : une menace pour la planète Macmillan Education. Ed. 2003 pp.150
(2) R. Hardy, D. Kuh, M. Wadsworth Smoking, body mass index, socioeconomic status and the menopausal transition in a British national cohort. Int J Epidemiol. 2000; 29: 845-51
(3) J. Huopio, H. Kroger, R. Honkanen, S. Saarikoski, E. Alhava Risk factors for perimenopausal fractures: a prospective study. Osteoporos Int 2000; 11: 219-27
(4) H. Hirota, T. Hirohata, K. Fukuda et al. Association of alcohol intake, cigarette smoking, and occupational status with the risk of idiopathic osteonecrosis of the femoral head. Am J Epidemiol 1993; 137: 530-8

 

Cette page a été approuvée par le Comité Scientifique.

Dernière mise à jour : ( 24-06-2009 )
 
Share |
Fonds des Affections Respiratoires - FARES asbl
N° d'entreprise BE 0 422 618 805
56, rue de la Concorde
1050 Bruxelles (Belgique)
Tél. 02/512.29.36
Fax 02/512.32.73
Formulaire de contact
 

Ce site est protégé par le droit d'auteur © FARES ASBL - Le site du FARES donne accès simultanément à des pages d'information (html) et à des documents PDF (Acrobat Reader). Si Acrobat n'est pas installé,  cliquez ici pour accéder à la page de téléchargement de Adobe. 

Mozilla FirefoxUne résolution de 1280 x 768 est conseillée.
Le site FARES est optimisé pour le navigateur Mozilla Firefox.
Cliquez sur le logo ci-contre pour télécharger la dernière version. 

Contacter le Webmaster