Fonds des Affections Respiratoires

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Fabrication de la cigarette

Elle est complètement mécanisée, avec par machine, une production qui peut dépasser 20.000 cigarettes par minute.1
Les feuilles de tabac séchées sont soumises au battage qui permet de dissocier puis de séparer les éléments provenant de la feuille elle-même et ceux provenant des nervures ou de la tige (côtes). Le tabac à cigarettes est constitué d'un mélange de multiples variétés de tabac auquel on ajoute des produits divers, encore appelés additifs (eau, humectants, sucre, arômes, menthol, cacao, etc.).
Le tabac est ensuite haché en fines lanières appelées scaferlati.
La confectionneuse fabrique un boudin continu de tabac qui est entouré par le papier à cigarettes très poreux, collé longitudinalement, puis coupé à la longueur choisie pour la cigarette.
Les filtres sont constitués le plus souvent de filaments très ténus d'acétate de cellulose solidarisés auxquels s'ajoute parfois du charbon actif. Les filtres piègent une partie des composantes de la fumée et protègent le fumeur d'un contact direct avec le tabac.
L'assembleuse solidarise les filtres et les tronçons de cigarette en les recouvrant de la manchette en papier coloré qui déborde le filtre d'environ 4 mm vers le corps de la cigarette. La manchette comporte très souvent de fins orifices visibles à la loupe et situés de manière circulaire à une distance supérieure à 9 mm du bout externe de la cigarette.2

Machine à fumer

La machine à fumer, extrait de : La fume : smoking3 / R. Molimard. - Sides, 2003, p.118

 

Les cigarettes ventilées et les teneurs de la fumée en produits toxiques et cancérigènes

Quand une aspiration est appliquée à une cigarette allumée, la fumée produite est diluée par l'air ambiant qui passe au travers du papier poreux et surtout au travers des orifices de la manchette et du filtre. Cette aspiration peut être assurée par une machine à fumer ou par un fumeur.

La machine à fumer sert à déterminer la teneur en toxiques et en cancérigènes de la fumée. Cette machine fonctionne dans des conditions standardisées qui ont été fixées en collaboration entre les cigarettiers et la Federal Trade Commission américaine (En Europe, les Normes ISO sont similaires). Elle doit aspirer un volume de fumée déterminé, à un rythme déterminé, pendant une durée déterminée jusqu'à une distance déterminée du bout de la cigarette. Elle permet de comparer la teneur en toxiques et cancérigènes de la fumée des divers types de cigarettes.
Comme les lèvres en caoutchouc de la machine à fumer qui enserrent la cigarette se situent à 9 mm du bout de la cigarette, pendant l'aspiration d'une cigarette ventilée, l'air extérieur pénètre au travers des orifices et dilue la fumée. La mesure des teneurs de la fumée en goudrons, nicotine et monoxyde de carbone, etc. donne ainsi des valeurs plus basses qu'en l'absence de ventilation. Ces valeurs ont été à la base du classement des cigarettes en cigarettes standard, légères, ultralégères, etc.

On a cru que la quantité de produits toxiques ou cancérigènes absorbés par le fumeur serait réduite par cette ventilation, mais en fait, il n'en est rien. Le fumeur ayant besoin de sa "dose" de nicotine recourt au "tabagisme compensatoire" pour y arriver. Il augmente le volume des bouffées à des valeurs plus élevées que celles de la machine à fumer, aspire plus profondément et plus rapidement la fumée et la retient plus longtemps dans les poumons. Il consume sa cigarette plus complètement et obture consciemment ou non les orifices du filtre en enfonçant la cigarette entre les lèvres au-delà de 9 mm ou en l'écrasant avec les doigts (ce qui réduit la dilution de la fumée).2 Finalement la quantité de toxines et de cancérigènes absorbés par le poumon est plus grande lorsqu'il emploie des cigarettes "ultralight" que des cigarettes standard.

C'est la raison pour laquelle ces mentions sont désormais interdites dans l'Union européenne.

Tant les scientifiques que les fumeurs ont été leurrés par ces indications pendant une trentaine d'années, alors que les cigarettiers en étaient parfaitement conscients et ont même utilisé sciemment ces illusions pour le marketing de leurs cigarettes "légères". C'est ce qui ressort de l'étude des documents secrets de l'industrie du tabac devenus publics à l'occasion des procès qui lui ont été intentés aux Etats-Unis.4 

(1) B. Pitié et P. Schiltz, Le tabac, PUF 1999, 128 p.
(2) J. Prignot, J. Jamart, What can be learnt from tobacco butts? An observational study in a realistic hospital setting. - In :  Int J Tuberc Lung Disease. 9: 210-15 (2005)
(3) Livre disponible à la bibliothèque du FARES .
(4) D. Hammond, N.E. Collishaw, C. Callard,  Secret science: tobcco industry research on smoking behaviour and cigarette toxicity. - In : Lancet 367: 781-87 (2006)

 

Cette page a été approuvée par le Comité Scientifique.

Dernière mise à jour : ( 24-06-2009 )
 
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